Journal Entry:
Fri May 18, 2012, 1:11 PM
Me voici arrivée au terme d'une importante étape. Semblerait-il...?
Du moins, l'heure est à la bousculade.
Voilà quelques semaines que je baignais dans une ère de profonde remise en question. Pourquoi la photographie? Dans quel but? Qu'ai-je la volonté de véhiculer? Quelle est ma véritable démarche? Quel chemin emprunter pour ne pas tourner en rond ? Se concentrer sur une prise, n'est-ce pas gâcher la beauté de l'instant? A partir de quel point mettre en scène devient t-il artificiel? Comment réussir des images honnêtes? Faire de la photo, n'est-ce pas un moyen de se sentir exister? Devient-on ses propres photos, pour mieux se dissimuler derrière? Comment ne pas se laisser influencer par ses contemporains? La technique doit-elle primer sur le ressenti? Et l'esthétisme sur le sens profond?
A l'évidence, j'avais comme besoin d'un second souffle...
Je ne remets pas en question votre sollicitude, à vous qui me suivez, chaque jour un peu plus nombreux. Les messages que vous m'écrivez sont tous aussi poignants et encourageants les uns que les autres. Mais pourtant, vous savez... Cet univers qui vous parle tant me semble de plus en plus stagnant à mesure que les jours filent. Viendra le temps, me suis-je souvent dit, où le voile sera levé, où votre lassitude prendra le dessus et où l'oubli m'engloutira. Votre enthousiasme ne doit pas à lui seul porter ces images, non, elles doivent vivre d'elles-mêmes, c'est du moins le but que je m'étais fixée. Et que je voudrais poursuivre...
Il semblerait que je me sois égarée.
Et la vie nécessite parfois un drame pour avancer.
Voilà que ce matin, j'ouvre sans aucunement m'y attendre une longue missive empoisonnée de la part d'un inconnu venu visiter ma page. Ses mots d'une incroyable violence m'ont ébranlée de toutes parts. Jamais encore on n'avait à ce point rabaissé mon travail. Pour une première critique, c'était certes un peu rude. Quelques mois en arrière, j'aurais éclaté en sanglots lourds, rangé mon appareil au grenier et serais restée prostrée... Mais ce ne fut pas le cas, pour la simple raison que je me débarrasse chaque jour un peu plus de toute notion d'ego, et que j'ai soif d'avancer tout en ayant conscience que cela doit passer par de violentes gifles, parfois. Alors, j'ai encaissé le coup.
D'autant plus que suite à cette flopée d'invectives brûlantes, la lettre se terminait ainsi : "Tu as un talent évident, fort et limpide, mais il faudrait une étincelle pour rompre le cercle, et t'évader en spirale au plus haut de ton âme."
Une étincelle, peut-être... Sans doute... Je pense d'ailleurs l'avoir trouvée. La réflexion fera le reste. En crachant sur mes photographies, l'auteur du message souhaitait visiblement couper court à un cercle vicieux dans lequel je m'étais depuis trop longtemps engagée. Et il avait tout sauf tord.
Alors oui, c'est blessant, j'en ai encore le coeur à la dérive, mais se remettre en question fait partie intégrante d'un important processus d'apprentissage. Et cela correspond au déclic dont j'avais besoin pour réagir.
C'est pourquoi je décide d'une pause, dont la durée est encore indéterminée.
Désormais, je souhaite prendre du recul, changer mon regard, repenser la photographie, et peut-être enfin trouver ma voie pour ne plus la quitter. Les poses lascives, la lumière dans les cheveux et la douceur de la forêt, tout ça c'est bien joli, mais ça ne suffit pas, non, ça ne suffit plus. J'ai soif de vous offrir quelque chose de différent, oui, soif de prendre quelques risques, de renouveler mon univers, de bousculer les conventions établies et de créer un impact véritable. Je ne veux pas faire de jolies photos. Surtout pas, non. Je voudrais des images qui évoquent réellement quelque chose.
J'en suis encore loin. Il est bon de constater que l'on a encore tout à construire.
Alors, je vous dis à bientôt pour de nouvelles images, le temps de me recentrer...
Quelques mois, peut-être, sans doute?
Ne m'oubliez pas trop vite...
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Mood:
Optimism -
Listening to: Nocturne - Insomnium
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Drinking: Green tea